Solidarité avec nos aînés

 

Chère association membre,
Cher partenaire,

Nous vivons une situation inédite, une période qui nous oblige au repli, à la distance sociale et au confinement pour freiner l’étendue du virus et nous nous devons de respecter à la lettre les directives sanitaires de nos autorités.

Et pourtant, cette situation inédite nous oblige en même temps à faire corps commun, car même confinés nous pouvons faire preuve de solidarité, d’ingéniosité et de bon sens ! Nous devons trouver ensemble tous les moyens pour être solidaires avec les personnes en risque d’isolement et souffrant de solitude, les atteindre et leur transmettre aussi des messages encourageants et rassurants face aux informations inévitablement anxiogènes.

Pour ces raisons, la PLATEFORME des associations d’aînés de Genève vous lance un appel fort à la mobilisation virtuelle auprès de tous vos bénéficiaires, tous les participants à vos activités habituelles, toutes vos listes de contacts ! Les seniors font partie du groupe à risque aujourd’hui, mais ils restent des acteurs sociaux à part entière :

Prenez vos téléphones.
Créez des groupes WhatsApp entre amis, connaissances, membres.
Envoyez régulièrement des SMS.
Ecrivez des emails
.
Faites des vidéoconférences avec les petits-enfants ou les voisins.
Mais surtout, restez en contact constant avec tous vos membres et votre entourage !

 
L’Etat, les communes, imad, Pro Senectute, le CAD, Alzheimer Genève, AVIVO, La Main Tendue, la Croix-Rouge genevoise, Caritas Genève, etc. mais aussi la plateforme virtuelle de Genève Bénévolat, nous sommes déjà en contact et nous nous organisons en ce moment-même pour offrir des réponses coordonnées et dans la proximité aux personnes en risque d’isolement et à leurs proches aidants.

Mais nous avons besoin de vous tous, de vos forces bénévoles et bienveillantes, et nous vous invitons donc à diffuser largement toutes ces informations à vos membres :

Questions liées au COVID-19

· Ligne gratuite d’information genevoise : 0800 909 400 (disponible 7 / 7 jours de 9h-21h)
· Téléconsultation « urgence Covid-19 » du Réseau de santé Delta : 022 709 00 95 (disponible 7 / 7 de 9h-18h)
 
Livraisons de repas à domicile pour TOUTE personne de 65+ en situation de fragilité

· Ligne directe repas IMAD : 022 420 23 00 (du lundi au samedi, livraison pour le dimanche si besoin, de 7h30-18h)
· Ligne d’accueil des demandes IMAD : 022 420 20 00 (disponible 7/7 jours et 24h/24h)
Voir communiqué de presse 17.03.2020

Accueil social, aide financière, aide juridique

Les activités SPC sont suspendues jusqu’au 29 avril au moins, mais les versements des prestations mensuelles sont maintenues.
· Consultation sociale Pro Senectute uniquement par téléphone : 022 807 05 65 (du lundi au vendredi, de 9h-12h et de 13h30-16h).
· Permanence téléphonique AVIVO : Office social 022 329 13 60 / Administration et loisirs 022 329 14 28 (du lundi au vendredi, de 10h-12h et de 13h30-15h30).
· Permanence sociale et juridique Caritas Genève : 022 708 04 44 (le lundi de 13h30-17h30 et le mercredi de 9h-13h)
· Permanence d’accueil social Croix-Rouge genevoise : 022 304 04 10
· Pôle personnes âgées Croix-Rouge genevoise : 022 304 04 67 / seniors@croix-rouge-ge.ch
 
Proches aidants

· Ligne Proch’info : 058 317 70 00 (du lundi au vendredi, de 9h-12h et 14h-16h)
· Ligne téléphonique Alzheimer Genève : 022 723 23 33 (du lundi au vendredi, de 9h- 12h et de 14h-17h)
 
Lutte contre la solitude

La Main Tendue : 143 (ligne anonyme, gratuite et disponible 7/7 jours et 24h/24h)

Engagement bénévole dans la proximité

Genève Bénévolat
 : https://www.genevebenevolat.ch/ (plateforme virtuelle du bénévolat genevois, elle met en lien des bénévoles et des institutions / communes / associations qui cherchent des bénévoles).
N.B. Pour votre information, le groupe scout tanganyika de St-Jean propose aussi des dépannages –  délai de 3 jours : 076 693 68 99 et 076 679 91 08

La PLATEFORME continue à jouer son rôle de lien, à vous transmettre les informations de notre réseau en fonction de l’évolution de la situation et vous remercie d’avance à chacune et chacun de votre collaboration !

Avec nos salutations solidaires.

Irina A. Ionita

Secrétaire générale
c/o CAD
22 route de la Chapelle
CH – 1212 Grand-Lancy
+41 79 890 96 31
info@plateformeaines.ch
www.plateformeaines.ch

Une bénédiction « Urbi et Orbi » exceptionnelle ce vendredi

Le Pape organise ce vendredi 27 mars à 18h un temps de prière suivi d’une bénédiction eucharistique « Urbi et Orbi », afin d’offrir une occasion de vivre avec foi et espérance ce temps d’épreuve pour toute l’humanité.

C’est avec une force particulière que le Pape François a lancé une invitation à participer spirituellement au moment de prière qu’il présidera demain. Devant une place Saint-Pierre vide mais « pleine » de la présence spirituelle des fidèles qui suivront cet évènement à travers les médias, depuis le parvis de la Basilique Saint-Pierre, le Pape participera à un temps de lecture de la Parole de Dieu puis d’adoration, avant de donner avec le Saint Sacrement la bénédiction « Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière, «selon les conditions prévues par le récent décret de la Pénitencerie Apostolique», a annoncé le Bureau de Presse du Saint-Siège.

La bénédiction « Urbi et Orbi », qui est normalement donnée après l’élection du Souverain Pontife, le jour de Pâques et de Noël, est propre au ministère pétrinien, car le Pape s’adresse ainsi à la ville de Rome, en tant qu’évêque du diocèse, et au monde, en tant que Souverain Pontife. Et c’est une bénédiction à laquelle l’indulgence plénière est attachée, qui peut être accordée de façon collective pour les personnes directement menacées par les guerres et les épidémies.

Pour accompagner ce moment de prière particulier, il y aura l’icône de la Salus Popoli Romani et le Crucifix de l’église de San Marcello al Corso, les deux images que le Pape est allé vénérer le dimanche 15 mars pour invoquer la fin de la pandémie. La fin de la Grande peste de 1522 à Rome est associée à la procession de ce Crucifix dans les rues de la Ville éternelle, qui vit sa première épidémie de grande ampleur depuis plusieurs décennies mais a déjà traversé, dans sa longue histoire, de nombreuses épreuves dont elle s’est finalement relevée.

Désolé pour la qualité de l’enregistrement, c’est un premier essai.

Réjouissons-nous de ce partage et cette communion fraternelle.

AVEUGLE DE NAISSANCE

Homélie 4ème dimanche de carême A

 

La recherche de la lumière, on la retrouve tout au long de la Bible. C’est le besoin vital d’entrer en relation avec le mystère de notre existence, et ce désir d’y voir clair dans ce qui anime nos comportements est profondément religieux. Mais c’est aussi une démarche que l’on retrouve sous d’autres formes dans l’antiquité païenne puisque – longtemps après les prophètes d’Israël – la recherche de la lumière hantait le philosophe Platon. Nous le voyons dans son récit mythologique de la caverne : il nous rappelle que l’être humain est né dans l’obscurité et que tout homme aspire à trouver la source de lumière pour trouver sa place dans une destinée inscrite au cœur du monde.

L’évangile de l’aveugle-né rejoint cette quête fondamentale de la lumière, comme une suite réaliste aux récits du prophète Isaïe qui écrit, des siècles avant cette rencontre de Jésus avec l’aveugle de naissance : « Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, les eaux jailliront dans le désert, il y aura là une voie sainte, les hommes délivrés y marcheront… »

Dès les débuts de notre ère, on peut admirer des représentations de cet accès à la lumière qui est donné par Dieu aux assoiffés de vérité. Car ces illustrations de l’évangile sont sculptées dans la pierre, peintes sur des icônes, mises en effigie sur des sarcophages. Le Christ est dépeint comme l’envoyé de Dieu venu nous éclairer sur notre condition humaine. Et l’on découvre cette magnifique inscription dans les catacombes de Rome : « éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ». Car dans les premiers temps de l’Eglise,  illumination était le nom habituel du baptême, pour bien rappeler que nous n’accomplissons notre humanité que lorsque – incapables par nature de voir le réel –  nous accueillons le rayonnement de l’amour de Dieu qui vient changer radicalement nos perspectives de vie.

Nous découvrons par grâce combien nous sommes limités par notre condition humaine sous influence d’une blessure des origines, qu’on appelle le péché, dont le mot hébreu originel signifie : rater sa cible. En effet, nous sommes tous nés aveugles, et nous avons besoin de franchir un nouveau seuil qui cette fois n’est pas d’ordre biologique : il s’agit d’accueillir la lumière intérieure venant de Dieu, cette dimension de la transcendance qui nous apporte une nouvelle vision de la vie humaine et de l’univers.

Parce que Dieu nous aime, il nous ouvre les yeux. Le Dieu créateur se révèle être également le Dieu sauveur. Les conséquences de cette cécité congénitale, cette incapacité humaine à voir l’essentiel, sont multiples : les tragédies qui se déroulent partout dans le monde nous en donnent l’évidence. En effet, bien que nous soyons au 3ème millénaire, beaucoup d’êtres humains souffrent encore terriblement d’une myopie invalidante sur ce qui est essentiel dans l’existence. Les égoïsmes font des ravages, l’obscurantisme allié au fanatisme plonge encore des peuples entiers dans la misère morale et économique.

En méditant la Parole de Dieu, nous retrouvons tous les traits de l’humanité à laquelle nous appartenons, le meilleur et le pire ! Et cette description réaliste a pour but de nous faire entrer dans une alliance avec le Dieu d’amour qui veut nous transfigurer à l’image de son Fils.

Avec l’évangile de l’aveugle-né, Jean choisit le cadre du Temple de Jérusalem pour donner cette catéchèse baptismale, comme une évocation de l’exode, ce qui correspond à une fête de la lumière et de l’eau, signe messianique du renouvellement du monde. La piscine s’appelle Siloé : Shiloah qui veut dire l’envoyé. Ce n’est pas l’eau de la fontaine qui lave mécaniquement les yeux de l’aveugle, c’est l’envoyé du Père, Jésus, qui le purifie dans tout son être.

Le message des Ecritures auquel se réfère Jésus nous dit que l’homme est créé libre. En raison de cette liberté, il peut choisir le bien ou le mal. Comme il ne voit pas toujours clair dans ses choix, les mauvaises décisions peuvent avoir des conséquences désastreuses, lesquelles ne sont pas de la faute de Dieu, mais de la responsabilité de l’homme.

Dans le récit de l’aveugle-né, la réflexion va encore plus loin. Alors que beaucoup s’imaginent que cet homme est aveugle par punition divine de ses actes – de lui ou de ses parents – Jésus refuse cette conception culpabilisante et fataliste : le malheur des hommes ne provient pas du Dieu créateur et sauveur. Cependant, les multiples situations de souffrance peuvent être le terrain d’action de Dieu qui veut contribuer à notre bonheur et manifester la puissance salvatrice de sa présence. En d’autres termes, Jésus refuse l’explication mythique et  résignée face à l’imperfection du monde et à la souffrance des hommes.

Voilà pourquoi Jésus est allé au-devant de la détresse de cet aveugle qui cherche à voir la lumière. En refusant de détourner son regard, il a démontré avec compassion la valeur de la recommandation du Deutéronome (Dt 27.18): « Maudit soit celui qui n’aiderait pas un aveugle à trouver son chemin! » C’est alors que d’un geste hautement symbolique Jésus mélange sa salive avec de la terre, et il l’applique sur les yeux de l’homme encore plongé dans la ténèbre. La glaise se dit adama, (c’est ce qui dans la Genèse explique le nom d’Adam, le premier homme). Autrement dit, Jésus unit le symbole de la Parole de vie avec la terre nourricière pour indiquer de quelle manière la création est en cours d’aboutissement : le jour du sabbat où l’on honore Dieu, l’homme doit pouvoir être sauvé. La Parole de Dieu a pour objectif de sauver l’homme. Et l’eau de la piscine termine le geste de purification libératrice.

          Nous sommes plus en face d’une méditation théologique que devant un fait divers magique. Ce n’est pas un événement sensationnel parmi d’autres, c’est une approche symbolique fondamentale de notre condition humaine. Ce que nous y découvrons aujourd’hui doit nous motiver dans notre parcours de baptisés vers la célébration pascale prochaine.

Célébrer Pâque, c’est en effet refaire chaque année le chemin de notre passage de la nuit à la lumière, de l’inconscience à la reconnaissance, de notre asservissement idolâtre à la libération dans l’Esprit. Cela nous invite surtout à nous rappeler que nous ne sommes pas chrétiens par automatisme mais seulement si nous nous remettons en marche jour après jour. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui croit voir et qui avance sans discerner tout ce qui se joue dans sa vie.

Ce beau récit de l’aveugle-né nous parle du passage bénéfique de la lumière dans notre existence. C’est une invitation à ne pas gaspiller cette chance qui nous est offerte chaque année durant le carême.

Demandons au Christ l’éveilleur des âmes de nous faire découvrir précisément quels sont nos aveuglements, qu’il nous aide à trouver les éclairages indispensables à nos vies et les nécessaires prises de conscience pour le monde où nous vivons. Comme l’apôtre Paul qui, après sa rencontre avec le Ressuscité, voit tomber des écailles de ses yeux !

Car la Parole de Jésus peut à tout moment faire disparaître nos œillères, elle peut élargir et approfondir notre vision de la réalité, en nous faisant entrevoir la lumière de l’éternité qui se lève au fond de nos cœurs. Amen

 

Abbé Alain-René Arbez

 

  • Messe diffusée sur France 2 chaque dimanche à 11h00

 

  • Messe radiodiffusée sur Espace 2 chaque dimanche à 9h05.

 

  • Une messe est diffusée chaque semaine sur Ie site Internet de l’Eglise
    catholique romaine à Genève : www.eglisecatholique-ge.ch/messes-filmees

    Le Conseil fédéral recommande aux Suisses de rester à la maison

    – Dans un message officiel, le Conseil fédéral a clarifié mardi les nouvelles mesures édictées la veille. Il recommande de rester à la maison, sauf pour travailler, faire les courses ou aider un proche.

    – L’Office fédéral de la santé publique a annoncé pour sa part que le nombre de cas s’élève désormais à 2650 en Suisse.

    – Depuis mardi à minuit, toute l’activité non essentielle a cessé en Suisse. Les bars, restaurants et discothèques doivent garder porte close et seuls les commerces d’alimentation et les pharmacies ont le droit d’ouvrir mardi matin. Sont aussi ouverts les services de livraison et la petite restauration à emporter, les postes, les banques et les gares.

    – Le Conseil fédéral a annoncé lundi ces mesures exceptionnelles de lutte contre le coronavirus et elles resteront en vigueur jusqu’au 19 avril au moins.

    – Les contrôles aux frontières avec la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche ont été rétablis, provoquant de nombreux bouchons.

    Suivi assuré par RTSinfo

    HOMÉLIE DU DIMANCHE 15 MARS 2020 – TROISIÈME DIMANCHE DE CARÊME

    L’abbé Alain-René Arbez nous propose l’homélie de ce dimanche. 

    Lectures de ce dimanche

    Nous voici face à une magnifique page du 4ème évangile : la rencontre de Jésus avec une femme samaritaine au puits de Jacob. Nous avons sans doute repéré quelques images-clé…un homme, une femme ; le puits, l’eau, les noces, le Temple, alors nous nous demandons : quelle est la logique de ce récit ? En quoi nous rejoint-il dans notre recherche de Dieu?

    La rencontre de Jésus avec une femme de Samarie, c’est d’abord l’écho d’une rencontre qui a eu lieu historiquement ; mais c’est surtout la mise en forme d’une catéchèse de l’Eglise primitive. Il s’agit donc à la fois d’un dialogue instructif entre Jésus et une femme samaritaine, et la mise en lumière de l’étape qui va suivre : l’annonce du Christ vivant  à la province de Samarie, vers la fin du 1er siècle ! Ce sera une réconciliation entre populations auparavant distanciées mais puisant à la même foi originelle. 

    Dans sa passion pour l’unité, partout Jésus cherche à rassembler. Et il le fait autour de l’essentiel : l’alliance, grâce à des moments de dialogue constructif. Jésus est ouvert à tous, et il se veut particulièrement attentif aux blessés de la vie, et aux assoiffés de vérité…

    UN MESSAGE PROFOND

    La rencontre avec cette femme de Samarie fait partie de ces temps forts et nous apporte un message profond. Le fait qu’elle ait lieu autour du puits de Jacob n’est pas un hasard. C’est au bord d’un puits que se trouvait Rebecca la future femme d’Isaac. C’est autour d’un puits que leur fils Jacob a découvert Rachel qui sera la mère de Joseph. Et c’est encore au bord d’un puits que Moïse rencontrait Tsippora qui serait son épouse, chez Jéthro prêtre de Madian. Le puits est donc bien le lieu symbolique pour les rencontres et pour les noces ! Depuis l’Exode au désert, le puits c’est l’image de l’eau qui fait vivre. Il y a au début du 4ème évangile le récit des noces de Cana, ici il est aussi question de mariage, mais cela concerne étrasngement une femme aux cinq maris. Dans tous les cas, cela renvoie à l’alliance de Dieu avec son peuple, puisque Dieu veut épouser notre humanité pour assurer son bonheur. 

    RENCONTRE DE JÉSUS AVEC UNE FEMME SAMARITAINE

    Essayons de comprendre le cadre de cette rencontre de Jésus avec une femme samaritaine. Au cours de l’histoire d’Israël, souvent envahi par des voisins plus puissants, une fracture entre communautés de Judéens et de Samaritains était survenue, en raison de circonstances politiques et religieuses désastreuses. La province samaritaine, avait dû supporter un apport de populations païennes extérieures, imposé par l’envahisseur assyrien, ce qui introduisait des pratiques idolâtriques autour de cinq divinités principales : C’est ce qui avait peu à peu amené la région à un culte différent de Jérusalem et à une interprétation de l’Ecriture assez restreinte… 

    On comprend mieux l’ouverture d’esprit exemplaire exprimée dans ce texte selon St Jean : Jésus, un rabbi judéen né à Bethléem et qui parcourt la Galilée, qui pratique fréquemment au Temple de Jérusalem, vient se ressourcer, près du puits de Jacob, en demandant à boire à une femme de Samarie, membre d’une population suspectée d’hérésie. Ici, la femme samaritaine symbolise plus que sa personne, elle représente toute une province considérée par les autorités de Jérusalem comme infidèle à la vérité. 

    C’est à partir de là que la femme samaritaine reconnaît que son visiteur est « prophète » ; il est vrai qu’il la rend consciente de cet éloignement spirituel, le sien et celui de toute une province avec ses croyances teintées d’idolâtrie. « Donne-moi à boire ! » demande Jésus…ce qui veut dire au-delà des différences, s’abreuver ensemble à la vraie source, celle qui est véritablement aux origines de la tradition biblique ; en effet la scène se passe en ce lieu prestigieux qu’est le puits de Jacob, symbole des pères fondateurs. 

    La scène se passe aux alentours de midi, quand le soleil est le plus implacable, nous retrouvons ici une image de la soif spirituelle de tant de personnes qui souffrent de l’aridité des temps où ils vivent. A notre époque tourmentée, cette soif pourra être celle de personnes en errance de convictions et en recherche d’un objectif de vie. 

    LA SAGESSE DONNÉE PAR DIEU

    Mais alors que la femme parle de l’eau à puiser,  Jésus parle de l’eau vive, souvent évoquée dans la Bible, en particulier dans les psaumes. L’eau vive désigne la sagesse donnée par Dieu pour vivre en accord avec sa volonté et devenir juste à ses yeux. On la retrouve dans les messages des prophètes, comme Jérémie : l’eau vive est indispensable au croyant qui veut traverser les passages éprouvants de son existence sans tomber d’inanition sur son chemin…

    Le récit nous suggère que Jésus veut conduire l’humanité à la résurrection et à la vie, car dans cette rencontre, nous le voyons qui passe du rôle d’assoiffé, qui a besoin d’eau, à celui de désaltéreur, qui donne à boire. Par conséquent, toute personne qui adhérera à son enseignement de salut acquerra aussi la même possibilité de désaltérer les autres, c’est-à-dire tous ceux et celles qui recherchent éperdument le sens et le but de leur vie sur terre. 

    Au cours du dialogue, la conclusion donnée par le Christ retentit comme une profession de foi au v.22: « le salut vient des juifs! Une clé indispensable pour comprendre comment Jésus se situe face aux détresses de son temps. Certes, il respecte cette femme samaritaine, il est accueillant envers sa situation, il admet la sincérité religieuse des Samaritains, mais il ne transige pas sur le fait que c’est de Jérusalem seulement que vient la tradition authentique des pères. Cette femme a beau se réclamer de l’ancêtre Jacob, avec ses compatriotes, pour Jésus, il est clair qu’ils ne savent pas ce qu’ils adorent ! La révélation leur est peu à peu devenue floue et lointaine. 

    C’est donc à cette source vivante de vérité – qui irrigue nos racines – que l’évangile du Christ convie tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. On ne peut enfermer Dieu dans des mots, des systèmes, des rituels, il faut dit-il des adorateurs en esprit et en vérité. 

    Nous arriverons dans quelque temps aux jours de la passion à la fin du carême. Rappelons-nous que mis en croix, Jésus a aussi crié : « j’ai soif ! » Et lorsqu’il rend l’esprit, à côté du sang eucharistique sur son côté percé par la lance, l’eau jaillit de son cœur, c’est une eau baptismale qui va purifier tous ceux et celles qui seront réceptifs à son amour donné totalement. 

    SOIF DE LA VRAIE VIE

    Nous comprenons ainsi que Jésus a mené toutes choses à leur accomplissement en ayant soif. L’adoration en esprit et en vérité, il l’a réalisée lui-même et il nous invite à la vivre nous aussi en reconnaissant que nous avons soif de la vraie vie. Nous sommes tous des sanctuaires du St Esprit, des temples vivants, où la vérité de Dieu et de l’homme ne demande qu’à se manifester, pour autant que nous ayons soif de mieux la connaître avec le désir de la transmettre, comme la Samaritaine l’a fait autour d’elle. Amen  

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